Un ministère pour juguler la crise de la justice ? Le 13/04/2007 à 0 h 00 - par Laura Marzouk Depuis le 22 mars, les victimes du système judiciaire peuvent trouver une oreille attentive au sein d’un nouveau ministère fictif, mis en place par le collectif « Justice pour tous ». Le combat reste pour l’instant isolé car aucun politique ne s’y est intéressé. Chantal Cottet, artiste, s’est lancée dans sa lutte contre la justice après de gros ennuis judiciaires, et elle « rame » depuis 2 ans pour faire entendre sa voix à travers la France. Son mouvement vient de gagner sa première bataille en obtenant un local. L’objectif du ministère : « essayer de faire reconnaître qu’il existe une catégorie de personnes lésées par la justice : les victimes ». Car en France, selon elle, 90% des plaintes n’aboutissent pas. Son explication : « le système judiciaire a été fait par des grands bourgeois pour des grands bourgeois, et n’a pas de place pour l’individuel ». Dans sa charte, le collectif propose entre autres l’idée novatrice de la médiation, notamment dans les cas de divorce, où la justice « infantilise » le couple concerné. D’après la passionaria, il existe trois sortes de victimes : celles dites reconnues, qui ont fait de la prison arbitraire, celles déclarées dont les plaintes n’aboutissent pas, et celles « muettes » qui n’ont pas les moyens de payer la procédure. Ajoutant que dans le système judiciaire français « rien n’est fait pour la victime » par rapport aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, les procédures collectives – les fameuses class-action – sont autorisées ce qui, dans le cas d’un conflit avec un fournisseur d’accès à internet, par exemple, permet plus facilement et à moindre coût aux nombreux mécontents de porter plainte. « Aux Etats-Unis, le coupable paie une caution ; en France, c’est la victime qui paie une consignation pour se constituer partie civile ». Au ministère, une permanence est assurée tous les après-midi pour écouter la douzaine de victimes qui viennent témoigner tous les jours. Sur les 2 000 personnes militantes, 50 à 70 sont régulières et environ 260 associations sont présentes. (Quand nous nous y sommes rendus, ils n’étaient que deux). Le ministère propose aussi une formation informatique et aide à créer des blogs pour permettre aux victimes d’échanger. Françoise Marois, restauratrice, a tout perdu et s’est retrouvée dix mois SDF avec ses enfants après avoir été expulsée en 1995 de sa propriété qu’elle pensait avoir acheté en toute légalité, mais qui était en fait fermée à cause de non-respect des règles de sécurité. Après 8 ans de procédures interminables, venir au ministère lui a « apporté du réconfort » et elle espère « qu’on se fera entendre ». Ce qui, pour l’instant, est loin d’être joué. Sur les 12 lettres envoyées aux candidats à la présidentielle, elle n’a reçu qu’une seule réponse du service de presse d’Arlette Laguiller pour lui dire… qu’il a bien reçu sa lettre. http://www.marianne-en-ligne.fr/exclusif/virtual/socit/e-docs/00/00/F2/98/document_web.phtml
Fin de l'article de "Marianne". Merci "Marianne". Merci JFK ! |